Depuis le 1er décembre, donc, je souffre: tendinite, post-tendinite ( si si ça existe), trouille que la tendinite revienne, et puis crise d'osthéophytose qui là est bien bien bien installée la garce. En gros mon dos contracte comme si je devais accoucher d'un alien par la colonne vertébrale. Pas content l'alien. Pas sympas les contractions. Par moments, subitement, sans prévenir, je crie. Fort. De douleur. De surprise devant cette saloperie de douleur. J'ai l'air d'une folle au rayon soyourts du supermarché, c'est parfait.
Il n'empêche que depuis le 1er décembre je ne me suis pas arrêtée de travailler. J'ai été présente en classe TOUS LES JOURS. Même quand il a neigé et que la moitié des instits de l'élémentaire sont restées à regarder Netflix sous la couette, j'étais là. Je n'avais pas d'élèves mais j'étais là. Ce n'est pas de l'héroïsme de ma part - allez, si, un peu, acclamez-moi! Non je déconne. Ca n'a strictement rien à voir avec l'héroïsme ou mon amour pour mon ministre (#vomirparlenez) ou mon dévouement à la Mère-Patrie (#déménagerenNouvelleZélande), mais tout à voir avec mes élèves.
Mes élèves.
Parlons-en, justement
[Ah oui, je préviens, ce n'est pas un billet ahahahaha je vais vous raconter, c'est un billet - un peu - sérieux. Donc si tu préfères y aller, je ne me vexerais pas, je t'assure]
Autant l'année dernière ma classe était de celles que je ne souhaite pas même à mon pire ennemi, autant celle-ci, c'est THE merveille. Ils sont 25 (bientôt 26 au retour des petites vacances), 10 garçons et 15 filles, et ils sont FOR MI DA BLES.
Je ne vais pas te mentir, des fois je pourrais les tanner sur place, mais c'est normal, je travaille avec une classe de Grande Section, pas dans une succursale de Truffaut. Je m'occupe de faire pousser des petites graines dans des esprits, pas des plantes en pot.
Sur le lot, il y en a 3 qui me viennent à l'esprit qui sont très honnêtement les seuls à me donner du fil à retordre.
Un ptit blond mignon et très intelligent, DaBomb je vais l'appeler, qui tape plus vite qu'il ne réfléchit, fait la police sur les autres au lieu de commencer par lui-même, et s'énerve en un millimètre de poil de fesse de seconde et part en claquant la porte de la classe. A 5 ans et demi. Comme je te le dis. Je te rassure, on rouvre illico presto la porte, et il est prié de s'assoir là où je peux le voir pour finir de bouder. Il est alors libre de revenir quand il est prêt. On va dire qu'il met de l'ambiance.
Il y a aussi ChatterBox, une minette blonde avec des nunettes, toute choupette et qui me pète les cacahouètes à parler littéralement non stop. Sérieusement, je n'ai pas pu lire un album, pas pu finir une phrase, pas pu donner une consigne, montrer une vidéo, sans que ChatterBox l'ouvre pour m'interrompre et me donner le contenu de sa pensée, là tout de suite maintenant sa vie en dépend. Elle m'épuise. Je l'adore mais elle NOUS épuise. Nous en sommes arrivés à tous lui dire de se la boucler. C'est un peu terrible, mais là, il faut qu'elle perçoive que ses limites ne doivent pas manger sur les nôtres. Elle est capable de parler non-stop, quand elle me dit que puisque c'est comme ça elle ne me parlera plus jamais, je rigole et je dis, Ah des promesses, toujours des promesses! et elle rigole, cette banane.
Et j'ai aussi DramaQueen. Jamais je n'ai eu une élève comme elle. Jamais. Crois-moi, je m'en souviendrais si ça avait été le cas. DramaQueen comme son surnom l'indique, ADOOOOORE tout ce qui est dramatique. Et elle veut être au courant de tout. Incapable de s'occuper de sa petite personne, elle espionne les autres pour espérer gratter un truc croustillant à répéter ou balancer à la maîtresse. Quand elle ne trouve rien, elle improvise des conflits entre les autres élèves. Elle sème la zizanie. Pour de vrai. Elle monte ses camarades les uns contre les autres, et admire le travail. Ou vient me raconter qu'ils se disputent. Elle est venue habillée en mannequin pour la photo de classe, quand elle a eu la fève le jour de la galette, elle s'est faite acclamée par toute l'école, j'ai cru qu'elle venait de recevoir un Oscar, un César, un Golden Globe et un Prix Nobel pour l'ensemble de son oeuvre vu comment elle rayonnait. C'est LE personnage que dans les films tout le monde déteste. Moi je l'adore. Elle me crispe, je bagarre dur pour la faire grandir et s'occuper de son propre fessier, mais je l'adore. Je suis très fière de ne lui avoir encore jamais répondu "touche à ton cul" quand elle vient me rapporter sur les autres, je mérite mes palmes académiques.
En dehors de ces trois là qui me tiennent bien éveillée, les 22 autres sont des amours de ptits machins, bosseurs, autonomes, intéressés et intéressants, ils s'entendent tous relativement bien, ils sont créatifs et ingénieux.
Je ne pouvais pas m'arrêter. Pas possible de laisser cette merveille de classe aux mains d'un.e remplaçant.e ... Plutôt crever. Pas envie qu'on me flingue le travail de dentelière que je fais sur mon Trio Infernal, pas envie qu'on me pète l'harmonie et l'autonomie de ma classe préférée du monde entier.
Alors je les ai pris entre quat'zyeux. Enfin tu vois. Entre 52 yeux. J'ai expliqué que j'avais mal, et pourquoi. J'ai expliqué clairement que j'avais une tendinite, ce que je pouvais faire ou ne pas faire. Plus tard j'ai aussi expliqué mes problèmes de dos. Ils ont bien écouté. J'ai expliqué que j'avais deux possibilités devant moi, un choix à faire, et qu'ils allaient m'aider à le faire. Soit je m'arrête parce que j'ai trop mal, et ils auront un maître ou une maîtresse pour me remplacer, pendant quelques semaines, soit ils m'aident, et je reste. Pour ne pas les prendre en traître, j'ai bien décris l'aide attendue, et comment nous allions modifier notre façon de travailler pour m'épargner.
Il n'y aurait plus que le matin où je reste debout et je circule pendant les ateliers. L'après-midi, j'expliquerais les différentes activités et leur enchaînement au TNI, ensuite je resterais assise, et ils viendraient chercher leur matériel, faire valider leur travail, chercher de quoi passer à l'activité suivante, ils iraient seuls accrocher leurs productions... Je ne pourrais plus rien déplacer ou porter d'un peu lourd. J'aurais besoin d'aide pour préparer et installer les ateliers, et ranger ensuite. Pour notre livre à compter, on prendra un grand cahier au lieu de feuilles volantes que je relie ensuite, et ce sera à eux de tout coller, je ferais une maquette au TNI pour qu'ils ne se trompent pas.
Ils ont dit oui.
Et ils ont tout pris en main.
J'ai travaillé le bras en écharpe.
J'ai travaillé en criant à cause de mon dos.
Ils ont assurés.
Je suis passée d'un assistant à 4 assistants, qui se disputent pour faire les choses à ma place. J'ai aussi un responsable pour ranger les chaussures et le reste dans le couloir. J'ai mon Ourson, un grand gaillard costaud, pour porter les choses lourdes à ma place et déplacer les tables quand on en a besoin. Ils se battent pour m'apporter un verre d'eau ou un mouchoir à peine je renifle, ils rangent, ils
organisent, ils trient, ils collent, ils affichent, ils mettent en pile. Je demande, ils exécutent. Je ne peux pas donner d'aide matérielle - attacher les lacets, remonter les fermetures éclairs, fermer les blouses de peinture? Ceux qui savent le faire, le font pour les autres. Sans rechigner.
Ils sont épatants.
Et après leur avoir fait travailler la gentillesse envers la maîtresse, je leur fais travailler la gentillesse entre eux. Ils acclament la moindre réussite de notre bébé - qui fait plein d'efforts et avance à son rythme - et lui donne un coup de main. Ils applaudissent les réussites des uns et des autres. A la fin de la semaine, quand vient le moment de distribuer les images pour les élèves qui sont "dans le violet" (la plus haute couleur de notre échelle de comportement) à savoir 99% d'entre eux, ils votent pour donner une image à celui ou celle qui a réussi à rester dans le vert alors que spa facile pour lui/elle, ou celui qui n'a atteint que le bleu, parce que quand même c'était beaucoup d'efforts.
Je ne me suis pas arrêtée, malgré la douleur et la fatigue, parce qu'honnêtement, avec eux, je m'éclate.
J'ai hâte de les retrouver après les vacances, et hâte de découvrir comment ils vont accueillir notre petite nouvelle. Hâte de commencer de nouveaux projets avec eux, hâte de les emmener à la piscine, en sortie... Pas hâte de les refiler à la maîtresse de CP!
Bref, je les aime.
Les 25.
samedi 24 février 2018
mercredi 7 février 2018
Neige
Au cas où tu ne sois pas au courant pour cause de coma ou de vacances prolongées dans un monastère tibétain, il a - unpitipeu - neigé sur l'Ile de France. Dès que ça touche Paris, le monde entier est au courant qu'au moindre flocon le parisien défunte et que l'univers entier arrête de fonctionner, vu qu'a priori ON N A JAMAIS VU CA!
Imaginez vous!
DE LA NEIGE!
EN FRANCE!
EN HIVER!
Truc de gueudin quoi.
Donc pim pam poum, apu de trains, apu de voitures qui peuvent rouler car les routes c'est Holiday on Ice minus les tutus à paillettes, et les gens ils trouvent, et je ne vais pas les contredire, qu'on est vachement mieux dans son canaprout, à téma La Casa de Papel sur Netflix, avec un cocholat chaud mit mini chamallows. Immobilisme comme philosophie de vie.
Bref du coup moi c'est ballot, j'habite à 7 minutes à pied de mon école, et la mairie AVAIT PREVU LE COUP!
Je.je.je.je.
WHAAATTT?
Non mais je t'assure je n'étais pas préparée psychologiquement hein.
Les chaussées étaient aussi dégagées que la conscience d'un député LREM votant le retour du jour de carence pour ma gueule: en bonne petite fonctionnaire consciencieuse j'étais à l'école à 8h15.
Il manquait une ATSEM - apapu venir, habite trop loin - et on a eu en tout 14 élèves, car l'élémentaire a envoyé un mail pour dire qu'elles étaient que 3 alors merci vous êtes bien urbains, vous gardez vos gamins ça ira comme ça et bien le bonjour chez vous.
Moi j'avais 8 élèves, j'ai gagné TOUT LE MONDE - oui je veux venir en classe avec Angel, je préfère Maman, babaille - et EVIDEMMENT aucun des 8 ne faisait partie de ceux qui avaient du rattrapage de projets à faire, ça aurait été trop facile Emile. Gnnnnn.
Le collège était fermé également: insère ici la réaction du Zèbre de ton choix, à base de OUUUUUUEEEEEEEEEE en courant à oilpé dans l'appart avec le boxer sur la tête et de AAAAAAAAAHHHHH J'AI DU WIIIIIFIIIIIIII!!! et de cris hystéros de l'adolescent qui vient de réaliser le mercredi à 8h35 qu'il est DEJA en week end je te prie.
#jalousieultime
En attendant moi j'étais rendue à la mine, avec mes baskets.
Oui mes baskets.
Car plus de neige depuis 2013, réchauffement climatique mon cul - JE PLAISANTE - pis mes bottes de neige elles étaient crades d'une balade en forêt dans la gadoue, pis elles prenaient de la place sous mon lit, alors je les ai bennées dans l'un de ces moments de folie où j'ouvre un sac de 100 litres et tout le bordel se met à trembler chez moi à savoir qui va y passer, qui va survivre. Bon les bottes je te pète direct le suspens, elles n'ont pas survécu.
Autant te dire que mes baskets de runing micro aérées, ça l'a pas trop trop fait quand derrière la mini congère en bord de trottoir, il y avait l'équivalent du lac Titicaca en flotte glacée. Le mot qu'il fallait retenir dans la phrase précédente c'était micro-aérées.
Plouf.
FROUAAAAAAAAHHHHH.
Bref l'Angel du Passé, celle qui a jeté les bottes, c'était une sacrée imbécile. D'ailleurs elle a aussi trouvé que ses mitaines étaient merveilleusement bien rangées.
Mitaines qui après deux heures de fouille de l'appart avant-hier soir n'ont toujours pas refait surface.
Ah bah bravo hein.
BRAVO!
Quand je vais les retrouver - au mois de juillet, en pleine canicule - je vais les punaiser au mur de ma chambre. Ca va bien aller les conneries maintenant.
Allez, il neige, il gèle, ça caille du cul, j'ai froid aux mains et les pieds mouillés, et demain je risque de faire de la luge sur mon cul pour arriver à l'école via le chemin verglacé, mais la neige c'est quand même drôlement beau, et c'est une jolie fabrique d'aventures.
Bisous givrés,
à très bientôt
Imaginez vous!
DE LA NEIGE!
EN FRANCE!
EN HIVER!
Truc de gueudin quoi.
Donc pim pam poum, apu de trains, apu de voitures qui peuvent rouler car les routes c'est Holiday on Ice minus les tutus à paillettes, et les gens ils trouvent, et je ne vais pas les contredire, qu'on est vachement mieux dans son canaprout, à téma La Casa de Papel sur Netflix, avec un cocholat chaud mit mini chamallows. Immobilisme comme philosophie de vie.
Bref du coup moi c'est ballot, j'habite à 7 minutes à pied de mon école, et la mairie AVAIT PREVU LE COUP!
Je.je.je.je.
WHAAATTT?
Non mais je t'assure je n'étais pas préparée psychologiquement hein.
Les chaussées étaient aussi dégagées que la conscience d'un député LREM votant le retour du jour de carence pour ma gueule: en bonne petite fonctionnaire consciencieuse j'étais à l'école à 8h15.
Il manquait une ATSEM - apapu venir, habite trop loin - et on a eu en tout 14 élèves, car l'élémentaire a envoyé un mail pour dire qu'elles étaient que 3 alors merci vous êtes bien urbains, vous gardez vos gamins ça ira comme ça et bien le bonjour chez vous.
Moi j'avais 8 élèves, j'ai gagné TOUT LE MONDE - oui je veux venir en classe avec Angel, je préfère Maman, babaille - et EVIDEMMENT aucun des 8 ne faisait partie de ceux qui avaient du rattrapage de projets à faire, ça aurait été trop facile Emile. Gnnnnn.
Le collège était fermé également: insère ici la réaction du Zèbre de ton choix, à base de OUUUUUUEEEEEEEEEE en courant à oilpé dans l'appart avec le boxer sur la tête et de AAAAAAAAAHHHHH J'AI DU WIIIIIFIIIIIIII!!! et de cris hystéros de l'adolescent qui vient de réaliser le mercredi à 8h35 qu'il est DEJA en week end je te prie.
#jalousieultime
En attendant moi j'étais rendue à la mine, avec mes baskets.
Oui mes baskets.
Car plus de neige depuis 2013, réchauffement climatique mon cul - JE PLAISANTE - pis mes bottes de neige elles étaient crades d'une balade en forêt dans la gadoue, pis elles prenaient de la place sous mon lit, alors je les ai bennées dans l'un de ces moments de folie où j'ouvre un sac de 100 litres et tout le bordel se met à trembler chez moi à savoir qui va y passer, qui va survivre. Bon les bottes je te pète direct le suspens, elles n'ont pas survécu.
Autant te dire que mes baskets de runing micro aérées, ça l'a pas trop trop fait quand derrière la mini congère en bord de trottoir, il y avait l'équivalent du lac Titicaca en flotte glacée. Le mot qu'il fallait retenir dans la phrase précédente c'était micro-aérées.
Plouf.
FROUAAAAAAAAHHHHH.
Bref l'Angel du Passé, celle qui a jeté les bottes, c'était une sacrée imbécile. D'ailleurs elle a aussi trouvé que ses mitaines étaient merveilleusement bien rangées.
Mitaines qui après deux heures de fouille de l'appart avant-hier soir n'ont toujours pas refait surface.
Ah bah bravo hein.
BRAVO!
Quand je vais les retrouver - au mois de juillet, en pleine canicule - je vais les punaiser au mur de ma chambre. Ca va bien aller les conneries maintenant.
Allez, il neige, il gèle, ça caille du cul, j'ai froid aux mains et les pieds mouillés, et demain je risque de faire de la luge sur mon cul pour arriver à l'école via le chemin verglacé, mais la neige c'est quand même drôlement beau, et c'est une jolie fabrique d'aventures.
Bisous givrés,
à très bientôt
[ hum, restons au chaud et ne mettons pas les enfants à l'école ]
Inscription à :
Articles (Atom)
