vendredi 23 mars 2018

Ostrogoths

Comment rendre sa mère dingue, en 2 leçons simplissimes, demandant peu de matériel mais pas mal d'imagination, par Zèbre et Patate, respectivement 14 ans et presque 11 ans.


Le Zèbre:
Il est 8h00, je suis en speed pour partir à l'école, nous sommes vendredi ceci expliquant cela, je ne sais limite plus comment je m'appelle.
Des sanglots déchirants proviennent de la chambre. Patate est en pleurs.
Je m'enquiers de la raison de cet énorme chagrin.
Réponse: Zèbre a mis Molang dans son caleçon!!

Je te laisse taper Molang sur ton ami Google ou si comme moi tu es écolo, sur ton moteur de recherche Ecosia, et te rendre compte de l'horreur de la situation.
Et oui, Molang est une peluche toute douce, toute blanche, et la préférée actuellement de Patate, en dehors de ses peluches de collection.
Et attation, ce n'est pas tout - prière d'éloigner les âmes sensibles de l'écran - voilà que: Molang est mouilléééééééééé!
Mais?
Euh.
NON!
Je m'indigne. Je proteste. Je râle.
Réponse du coupable: Boah c'est bon, c'est rien du tout, il peut mettre une de mes peluches dans son caleçon je m'en fiche hein.

Dediou.
Je lui ai proposé qu'à la place Patate frotte ses fesses nues sur le clavier de son bien aimé Prédator, la petite bombe d'ordi gamer qu'il a eu pour son anniversaire et son Noël combinés.
Réponse: Nooooooooon.

Et donc c'était officiel, j'étais en retard.
Et de fort mauvaise humeur.
Note mentale: passer Molang à la machine à laver.

Patate:
Depuis le week end dernier, Patate a testé une nouvelle formule pour faire ses devoirs: faire tous les devoirs de la semaine en une seule fois, profitant ainsi du fait que sa maîtresse les donne une semaine à l'avance. Il y a passé tout son samedi, et cette semaine, chaque soir, la béatitude. Il était donc prêt à recommencer cet après-midi, avant son départ pour aller chez son père à 17h30. Oui, dans ma ville, mais plus pour longtemps, le vendredi après-midi n'est pas travaillé.
Il avait donc comme mission de prendre le temps de noter soigneusement tous les devoirs pour la semaine prochaine dans son agenda et de mettre dans son sac à dos tous les cahiers nécessaires pour leur réalisation. Nous avions prévu d'aller faire des courses en sortant de l'école, de déjeuner, et ensuite il aurait plus de 3h pour faire ses devoirs.

11h35: il arrive dans mon école, il a son sac à dos, il dit avoir noté tous ses devoirs. Ok.

11h45: le temps de ranger ma classe, de vérifier que ma semaine prochaine est dans les starting-blocks, et de changer tous les prénoms de place sur les étiquettes de présence cliquables du TNI que les élèves cliquent le matin - je suis joueuse! - et on s'en va, babaille les collègues!

12h: Nous faisons les courses, Patate se prend un sandwich et des chips allégées, il est au taquet.

12h45: Zèbre rentre déjeuner, on mange tous les 3 en regardant Nailed It sur Netflix. C'est fort amusant.

13h25: Zèbre s'en va, il a un ciné prévu avec sa classe, merci la prof d'anglais.

13h30: Je lance l'Opération Devoirs.

13h35: Patate n'a pas mis son agenda dans son sac à dos. Comme je te le dis. Il.n'a.pas.mis.son.agenda.dans.son.sac.à.dos! Je. Très sérieusement je me retiens de l'étrangler, et j'attends. Il trouve de lui-même que ce serait bien de retourner le chercher à l'école. Hop. Et bien allons-y. Ce n'est pas comme si psychologiquement j'étais déjà en week-end mon enfant!

13h40: Mon fils bien-aimé et moi repartons donc pour l'école. Il me demande pourquoi je suis silencieuse. On pourrait bien parler de quelque chose maman? Mon regard en dit suffisamment long pour qu'il n'insiste pas et reste mutique le reste du trajet.

13h50: Nous arrivons à son école, merci mon trousseau de clés. Les autres élèves participent aux TAPs - youpi, la classe est ouverte! - et nous voilà donc obligés de déranger l'intervenant d'Arts Plastiques qui occupe la salle des CM2 avec quelques enfants... Quelques enfants dont j'ai eu la majorité en classe, ce qui obligatoirement fait un max de bruit, je suis super confuse du coup et me répend en excuses. Patate récupère son agenda et puis pendant qu'on y est, son cahier de poésie, vu que bon... il a une poésie à apprendre. Gnnnnn.

13h56: Nous repartons, il bruine, mon enfant adoré range agenda et cahier sous sa doudoune.

14h06:  Rentrés à la maison, on regarde attentivement les devoirs à faire, et on organise les feuilles de travail. J'en profite pour ranger le trieur des évaluations, c'est un carnage... Mon pré-ado fabuleux s'installe avec son matériel... et demande à aller aux toilettes! Je. Sérieusement, j'ai mis un minuteur.  Ben il y a quand même passé plus de 8 minutes.

14h20: Le voilà prêt à travailler, quand c'est le drame. Je lui demande où est son livreexemplaire de 20 000 lieues sous les mers, vu qu'il doit relever les adverbes de la page 34 pour lundi, et en lire 5 chapitres et en faire le résumé pour vendredi. Et là... le livre n'est pas dans le sac, je le sais, je viens de le ranger au carré. Je lui demande d'aller vérifier s'il n'est pas dans sa chambre, vu qu'il y a vidé son sac tout à l'heure en cherchant son agenda? Et bien, il n'y est pas non plus. Dediou.
Je.
MAIS NON.
Il me regarde.
Je le regarde.
Il me regarde.
Je le regarde.
Je finis par craquer: il est 14h25, il te reste 3h, tu as plein de devoirs, alors, tu te colles aux fiches de maths, et JE vais aller chercher ton livre dans TA case, dans TA classe, dans TON école. Et je te préviens que tu n'as pas intérêt à jouer pendant mon absence, sinon je ne réponds plus de rien.

14h30: Je repars pour l'école. Pour la troisième fois de la journée. Il bruine toujours. Je le vis moyen bien.

14h37: Je suis à l'école de mon fils, je toque à la porte de sa classe, je dérange à nouveau l'activité dessin, j'explique que la chose qui me sert d'enfant a oublié AUSSI son livre, je fouille la case, je vide la case, je range la case au cordeau, et il faut bien me rendre à l'évidence: le livre n'y est pas. Je demande à un camarade si par hasard il y a un endroit pour ranger les livres dans la classe? Réponse: ben là où on sait qu'on va le retrouver. Ptit malin va. Gnnnnn. Je m'en vais, en prévenant que mon fils ne reviendra peut-être pas entier lundi.

14h42: Je ressors de l'école, il bruine TOUJOURS, j'appelle à la maison, et très calmement je demande à la chair de ma chair de bien vouloir s'enlever les mains de dessous le chamallow, et de me dire où se trouve son livre, car dans sa case, il n'y est point. Il m'annonce que le livre est sur son bureau, dans sa chambre. Oups! Je lui explique qu'il a intérêt à se planquer quand je rentre s'il ne veut pas finir en pâtée pour chats.

14h50: Je suis chez moi, depuis ce matin j'ai marché 6,5 km, et je m'affale dans mon canapé. Ah. Non. Patate m'explique qu'il a bien écouté pendant le cours sur la proportionnalité, qu'il a bien noté le cours dans le cahier, mais qu'il n'a rien compris. La mort dans l'âme, je prends une feuille blanche et un feutre, et je lui fais un cours sur la proportionnalité.

15h30: L'amour de petit garçon prénommé Patate m'explique très sérieusement que ses camarades ne lui ont pas distribué jeudi la feuille de papier pointé pour son devoir de géométrie, qu'il a levé le doigt pour le dire au prof du jeudi, que le prof a dit que c'était un problème de distribution, et mon charmant enfant en est resté benoîtement là. Je ne m'énerve plus, j'explique gentiment qu'il apprendra sa poésie chez son père, et qu'il profitera du long trajet aller et du même au retour, pour lire ses chapitres, et j'ouvre Ecosia pour aller chercher un pdf avec une feuille de papier pointé. Et miracle de l'Internet Mondial, je trouve. J'imprime.

Vous je ne sais pas, mais moi, à un moment, quand même, je fatigue.

Et à l'heure où j'écris ce billet, dans le calme absolu de mon appartement déserté, je me demande encore lequel des deux m'a le plus pété mon groove aujourd'hui. Et je vous avoue que j'hésite.

Allez, j'ai une peluche à passer à la machine.
A très bientôt,
bisous.

Stop

Arrive toujours un moment quand on est parent, où il faut dire stop. C'est un peu vital comme réaction. On ne sait jamais vraiment quand ça va te débouler dessus ce ras-le-bol généralisé, cette goutte d'eau infime qui va te faire basculer l'espace d'une micro-seconde de cet état de serpillère un peu épuisée à celui de boule de colère atomique, mais quand ça arrive, oh pétard, ce n'est pas la peine de résister. Il faut y aller, c'est nécessaire, il en va de ta survie mentale. Parce que ce qu'on ne te dit pas à la maternité quand on te tend ton premier marmot tout emmailloté joli joli, tout débarbouillé, c'est à quel point tu viens de mettre au monde non pas un rôti de 3,5 kg comme tu le croyais, mais bel et bien une sangsue qui n'aura de cesse de te vampiriser jusqu'à ce que tu la kickes en dehors de la maison, pour qu'elle aille vivre sa vie.

Et j'ai pondu trois sangsues.
Mon dieu, qu'avais-je fait?
Oublie ta tranquillité et ton intimité avec trois bidulotrucs qui te sollicitent en permanence. Oublie. Oui même Pixie qui est sensée être adulte - elle est toujours en rejet massif du concept, trouve encore tout à fait normal de venir me parler quand je suis aux toilettes, ou de m'envoyer des messages quand je travaille. La fameuse charge mentale des femmes dans le couple, dont on parle pas mal - à juste titre - en ce moment? Elle est décuplée quand tu te retrouves célibataire avec tes trois mômes et leurs millions de sollicitations permanentes qui vont de la plus triviale - je n'ai plus de chaussettes! - à la plus angoissée - il est 8h03, tu pars à 8h05, on te tend le papier hyper important de la mort qui tue que tu dois signer là toussuite maintenant viiiiite, sinon a priori ton enfant entre en auto-combustion.

Nous étions dimanche, oui dimanche dernier, et alors que j'entre dans la douche, j'entends une fois de plus, une fois de trop, une petite voix qui me demande un truc, me réclame un machin, se plaint de Bidule, voudrait... STOP.
Je suis ressortie direct de la douche, me suis enroulée dans une serviette pour préserver ma dignité, et j'ai requis l'immédiate présentation dans le salon de la totalité de ma descendance. Vu le ton employé, ils se sont retrouvé le temps de le dire alignés comme à la parade, limite du plus petit à la plus grande.
J'ai utilisé ma voix de maman hyper pas contente, celle qui fait que tous les voisins se mettent au garde à vous et vérifient qu'ils ont bien rangé leur chambre et lavé leurs dents. Au cas où.
Et c'est parti:
A partir de là maintenant tout de suite, si je suis aux toilettes, sous la douche ou en train de m'habiller, vous NE POUVEZ PAS venir me parler  sauf en cas de vie ou de mort. Si ce n'est pas le cas, je sucre UNE SEMAINE de wifi au coupable. Essayez pour voir. J'espère que vous m'avez comprise.
Et je suis retournée prendre ma douche.
Dans un calme, mais un calme...
Tout est dans la voix.
Et dans la petite phrase qui tue " Essayez pour voir".
C'est la phrase qui signifie que tu ne rigoles pas et que tu es prêt.e à tout.


Il y a des fois, il faut vraiment dire stop.
J-6, j'ai toujours une paix royale.
Je vous tiens au jus.



 

mercredi 14 mars 2018

Le dessin

Ma vie de maîtresse de maternelle, des fois, c'est un peu Scotland Yard chez les Bisounours.

L. a dessiné un arc en ciel, un peu moche si tu veux savoir, mais elle s'est appliquée, et c'est pour sa maman, alors bon c'est sacré. Elle me demande si elle peut aller le ranger. Oui bien sûr, va le mettre dans ton sac. Je les ai tellement bien conditionnés qu'ils demandent avant de mettre un pied en dehors de la classe, je suis trop fière. Ah, elle n'a pas de sac. Bah, tu le plies et tu le mets dans ton manteau? Elle y va. Ca y est j'ai fini de valider tous les ateliers, dernière photo prise du circuit de kapla - fermé, une seule route - dernière phrase sur le lion validée, dernier joueur du jeu du banquier qui range le jeu... on peut aller en récréation!

Et là, c'est le drame.

L. ne retrouve plus son dessin, qu'elle a posé sur son porte-manteau car pourquoi écouter sa maîtresse je vous le demande? L. lui dit - non attends on ne va pas s'en sortir, j'ai 12 000 élèves qui ont un prénom qui commence par L. c'est la merde, je recommence - Lé. a perdu son dessin et pleure à chaudes larmes car Ly. lui a dit qu'A. - le bébé de notre classe, qui vire SuperEmmerdeur, il s'autonomise l'asticot -  lui a pris son dessin, l'a déchiré et l'a mis à la poubelle.

Misère.

Il va falloir que je me dépatouille de ce bordel, avant que la mère de Lé. ne me tombe dessus pour destruction majeure d'oeuvre d'art unique et irremplaçable.
J'appelle A. Je lui demande franco, avec des gros yeux de maîtresse pas contente, bad cop is in da place, s'il a pris le dessin et l'a mis à la poubelle. Il me regarde droit dans les yeux, il a le visage fermé pas content du tout, il me fait non avec la tête. Mutique le môme. J'insiste. Est-ce que c'est toi, oui ou non? Il secoue la tête. Il ne cille même pas le mouflet. Si tu me mens, je vais être super embêtée, parce que je vais être obligée de prendre un rendez-vous avec tes parents. Il reste de marbre, campé sur ses positions, avec ses baskets à l'envers.
Bien. Je demande à ce qu'on vérifie les poubelles.
J'ai 3 gamines qui partent bille en tête telles des limiers checker les 4 poubelles dans le périmètre.
Résultat: que dalle. Nada.
Pas de dessin à la poubelle.
Ah.
Je délaisse A. Mais lui demande quand même de remettre ses baskets à l'endroit, sacrebleu.
Je demande à Ly. de venir me voir, et j'interroge mon témoin. Tu es sûre SÛRE d'avoir vu A. prendre le dessin, le déchirer, et le mettre à la poubelle?
Mutisme.
Dediou.
C'est quoi ces gamins, sérieux?
Je réitère ma question. Dis donc, je ne dis pas que tu mens, mais quand même il n'y a pas de dessin dans les poubelles, alors tu es sûre d'avoir vu A. le prendre le déchirer le jeter?
A ce stade je suis assise dans le couloir, j'ai posé à côté de moi ma tasse avec mon infusion à la pêche, j'empêche ChatterBox de s'assoir dessus, j'ai tous les gamins qui écoutent, c'est le sketch. Parfait.
Ly. reste mutique tel le tombeau millénaire au fond du désert. Je ressors l'arme suprême, la menace de prendre un rendez-vous avec les parents, et je vous JURE, que la môme elle me répond un truc qui ressemble à "ouion". Ni oui, ni non.
On.ne.se.mouille.pas.
Je.
Gros yeux.
Elle reste campée sur ses ptites jambes là, elle me fixe, elle ne dit toujours rien, à part "ouion".
Ok.
Je décide donc unilatéralement, je suis en retard pour mon service de récréation, mon infusion refroidit, que A. n'a pas jeté le dessin à la poubelle vu qu'on n'a pas retrouvé le corps.
Donc.
DONC IL EST OU CE DESSIN?
Parce que bon moi j'ai Lé. qui sanglote toujours comme si on venait de lui arracher son premier-né pour l'offrir aux divinités de la nuit, là, c'est un peu chaud patate staffaire.
J'explique, avec ma voix de maîtresse qu'elle rigole pas DU TOUT, que nous n'irons pas en récréation tant que le dessin ne sera pas retrouvé.
Ahah!
Oh pétard.
Là j'ai DaBomb qui va direct m'ouvrir son propre sac pour clamer son innocence, les autres qui l'imitent, et au milieu de tout ce brouhaha et de toute cette agitation, j'ai A. qui vient se planter devant moi, ses baskets à l'endroit, et qui me tend le dessin, un peu chiffonné: Tiens, Maîtresse je ne sais pas qui l'a mis dans mon casier!

Je.
Mais.
Non mais je.
QUOI?

Je le regarde droit dans les yeux, et avec ma voix de maîtresse toute gentille, super bienveillante, éducation positive all the way baby, j'y vais: dis moi, tu le trouvais vraiment joli le dessin?
A. me regarde droit dans les yeux et secoue la tête.
Dis moi, en vrai, c'est toi qui l'as mis dans ton casier?
A. me regarde droit dans les yeux et secoue la tête.

J'abandonne.
Je rends le dessin à Lé. et j'évacue tout le monde en récréation.

Mes élèves je pense qu'ils font des stages au Mossad pendant les petites vacances. Sinon je ne vois pas.
Ce sont des gros pros de jte lâche rien, tu peux toujours courir.

Je les aime.

mardi 6 mars 2018

en chemin

Patate va avoir 11 ans. Je sais, pour certains d'entre vous, c'est un choc. Dites-vous bien, que pour moi, mon aînée est à la fac, et mon dernier rentre en septembre au collège. Mon degré de vieillitude a fait un bond de kangourou sous acide. Je suis passée de j'ai la vie devant moi à mon dieu, combien je vais toucher pour ma retraite? (indice: des clopinettes).
Bref.
Depuis ses 3 ans Patate cause, et malheureusement pour moi, et heureusement pour vous, on ne l'arrête plus. Et a priori il est dénué de filtre entre le cerveau et la bouche, alors ça sort exactement comme il le pense. En fait il est très très probable, à mon humble avis, qu'il pense à haute voix. Tout le temps. Du matin qu'il se réveille au soir qu'il s'endort.

Ce matin, je finis de me maquiller dans mon canapé - je vous ai dit que je suis vieille, il faut que je sois assise pour me maquiller, j'ai passé l'âge de debout devant le miroir de la salle de bain - et je suis concentrée.

Patate:
- Elle est moche cette jupe.
- Bah moi j'aime bien.
- Non mais j'aime pas les jupes là.
- Bah moi j'aime bien. Tu préfères peut-être la prune?
- Non. C'est moche les jupes en velours!
- Ah.

Je mets du crayon.
Patate:
- J'aime pas quand tu te maquilles les yeux.
- Bah moi j'aime bien.
- Non mais ce noir, c'est quoi, un emo look? Non j'aime pas hein.
- Zèèèèèèèèèèèèèbre!

Zèbre:
- Oui?
[s'affale à côté de moi dans le canapé]
- Ton frère dit que ma jupe est moche et que le noir sur mes yeux aussi.
- Bah, moi je trouve que la jupe est sympa et le noir te va bien.
- Bien. On sait direct lequel de mes deux fils je NE vais PAS déshériter, hein.

Non mais.


Dans la rue, il continue:
- Bon  ton mal de dos et ta tendinite, c'est bientôt fini?
- Je ne sais pas, mais tu sais, c'est à vie, il y a des hauts et des bas, je ne peux pas vraiment dire.
- ...
- Attends tu me demandes ça pour savoir quand est-ce que tu pourras dormir avec moi?
- Bah, oui, un peu!
- Dans tes rêves.

11 ans bientôt. Son rêve c'est de dormir avec la plus géante des peluches = sa mère.
#sendhelp


Du coup il me colle, et puis moi le matin dans la rue je me réveille, et je suis grognon:
- Ah mais me colle pas!
- Je te colle pas, je te fais un câlin.
- Oui alors là tu vas vider le bocal à câlins dès le matin...
- Mais c'est quoi ce bocal? Un bocal à câlins, l'autre jour un bocal de patience, mais tu es pleine de bocaux ma parole!
- Oui mon fils. Je ne suis pas une maman. Je suis une armoire.

Il s'est tu.
Victoire!


En rentrant ce soir, je demande:
- Alors l'école?
- J'ai réussi mes 4 multiplications.
- Bah super! Tu as progressé!
- La maîtresse m'a mis B.
- C'est le B de Bien!
- Non mais elle aurait pu mettre T devant, pour Très Bien.
- Oui...
- Non mais en fait non. Quand elle écrit TB, j'ai l'impression qu'elle me dit T'es Bête. Donc bon. Ca fait genre elle m'insulte.
- Mais...

Le seul enfant qui n'aime pas les TB dans son cahier: le mien.
Je.


Bonus track:
Patate: Maman, ma connexion bugue!
Zèbre: Maman, la connexion de Patate divague, elle sort du droit chemin.

Je suis déjà en pyjama, il est 18h15, maintenant vous savez pourquoi.