jeudi 11 janvier 2018

Zen

Le 1er décembre j'ai déclaré une tendinite du sus épineux, l'un des tendons de l'épaule. Gauche en ce qui me concerne, vu que je suis ambidextre, mais qui tire à gauche. J'ai continué à travailler comme j'ai pu, avec le bras en écharpe, et en prenant de bonnes doses d'advil.
Les vacances sont arrivées et moi qui avait si bien préparé mon année fin août, toutes mes progressions rédigées, mes projets carrés et prêts à être développés, voilà que je venais en 3 semaines de travail au ralenti, de me fiche vraiment en retard... J'ai fait un planning de trucs à faire pendant les vacances et un planning des 3 mercredis après-midi à partir de la rentrée de janvier, afin d'éponger mon retard et de me retrouver d'équerre pour mes rendez-vous livrets fin janvier. Un super planning avec plus de 45 items. Pis j'ai trouvé comment modifier mon projet de période 3 pour que mes élèves éditent eux-même leur livre à compter, et que je m'économise, vu que la tendinite ça fait bobo un peu.

C'est alors que pendant la 1ère semaine des vacances, la tendinite a spontanément évolué en bursite pendant la nuit:  c'est le moment où j'ai beaucoup pleuré, pas du tout dormi, cru que j'allais me tondre la tête pour ne plus avoir à me coiffer, et songé sérieusement à l'amputation. Le médecin a pris rdv chez le rhumato, mais pour la 2ème semaine, et pour éviter que je me foute au fond de la Seine avec les pieds coulés dans le béton, il m'a droguée. A coup de cortisone - mais tu manges plus de sel malheureuse, sinon tes jambes vont exploser et il ne faudra pas venir chialer ensuite hein - et de fortes doses de codéine. Fortes doses comme dans " je prends ton cerveau et je le mets sur pause sans prévenir". Ce fut violent.
Pires vacances de ma vie, depuis ces fameuses vacances de Pâques 2001 où j'ai eu la vraie grippe qui te cloue au lit à 40° pendant 8 jours et te déchire les poumons avec une méga bronchite les 8 jours suivants.

Des vacances entières gâchées à chialer de douleur, ne pas dormir, puis complètement stone dans mon canapé et mon lit et mon canapé et mon lit et mon canapé et mon lit et... tiens la baignoire, ça change. Impossible de me concentrer, impossible de travailler. Suis sortie dans la tempête habillée comme une réfugiée pour aller passer une radio et voir le rhumato, ai arrêté les médocs et me suis tapé des syndromes de sevrage plutôt sympathique à base de mon cerveau a du mal à rebooter, mouline dans le vide, suées et frissons, et insomnie. Eu une infiltration. Ai eu l'impression qu'on venait de me boxer l'épaule pendant des heures.
Et déjà c'était la rentrée.

Non seulement je n'avais pas travaillé, mais en plus je n'avais strictement rien préparé et accumulé davantage de retard.
J'ai décidé que ce n'était pas grave.
J'allais reprendre en douceur, dans le calme, la sérénité et le lâcher prise.
J'ai prévenu mon équipe que je revenais même si pas reposée et encore totalement cassée, parce que je voulais travailler après 2 semaines de vide intersidéral, mais que j'allais y aller à mon rythme... et que je repoussais mes rendez-vous livrets à la mi-février, histoire de me laisser le temps de rattraper mon retard en dou-ceur.
Tu parles que j'étais crédible.

Alors oui j'y suis allée tranquille avec les élèves cette semaine. Vraiment. Et c'était super sympa pour eux et pour moi, et gentiment productif aussi.
Mais je suis restée travailler le soir lundi et mardi, et mercredi après midi également, et je compte aussi travailler vendredi après midi, enfin bref, je ne compte pas trop mes heures... je veux rattraper mon retard pour qu'arriver aux prochaines vacances dans 5 semaines je sois à jour. Je prends mon temps mais je ne le perds plus.

Et ce midi, voilà que ma directrice arrive et nous dit qu'elle vient de recevoir un mail: ils viennent chercher le photocopieur cet après-midi, mais ils auront du retard pour en livrer un autre, aucune date de livraison n'est prévue.
Je.
KEUWAAAA?

J'ai mangé en 10 minutes. Sorti mes to do lists de préparation de semaine pour les 3 prochaines semaines que j'ai préparées hier en supplément de mon cahier journal... j'ai stabiloté tout ce qui nécessitait l'usage de la photocopieuse. Ca faisait BEAUCOUP. Dont des trucs qui n'avaient pas encore été édités sur mon ordi. Puis j'ai regardé sur mon planning ce dont j'avais besoin pour rattraper mon retard de boulot, et qui nécessitait aussi le photocopieur. Ben là aussi ça se bousculait au portillon. De 12h à 14h30 - oui il y a eu un temps libre pour mes élèves, il a bien fallu, et ils ne se sont pas plaints curieusement - j'ai vécu une histoire violente d'amour avec la photocopieuse.
Sérieusement j'ai fait plus de 1000 photocopies, vu que plus de 2 ramettes y sont restées.... J'ai vu large, de quoi tenir les 3 prochaines semaines. Ateliers, projets, référents, fiches de consigne pour coller les photos des travaux... je n'ai pas lésiné. La peur au ventre qu'on vienne m'enlever ma photocopieuse avant que j'ai fini. J'étais prête à faire barrage de mon corps. TU ME LAISSES TRAVAILLER TU ME LAISSES MON OUTIL DE TRAVAIL DEGAGE MANANT! Mais j'ai réussi.
A 17h, personne n'était venu chercher le photocopieur, et un nouveau mail est arrivé: le photocopieur sera récupéré mercredi prochain, et le nouveau sera livré lundi.
Je.
Lundi on aura DEUX photocopieuses??
Je.
Mais.
Que.
Non.



Non mais non.

Ben si.
2018, je sens que tu vas jouer avec mes nerfs.
On est le 11 janvier, et déjà je ne t'aime pas beaucoup.

Je garde mon zen et je file sous la douche.
Bisous, à très vite.

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