mardi 23 janvier 2018

Téléphone

La semaine passée, j'étais en train de faire les courses à la supérette, en solo, ce qui équivaut entre nous soit  dit à des vacances, imagine, toute seule dans les rayons sans une Patate qui me raconte sa laïfe dans les moindres détails et me réclame la moitié du magasin, ni un Zèbre qui escagasse son frère, le fait hurler, et tire sa tronche d'ado blasé. Une petite idée du bonheur. Des fois limite, j'irais bien m'assoir bien au fond d'un rayon, sur les packs de soda, tranquille avec mon téléphone et mon casque, et Netflix. Ouh bah ça m'a pris du temps à trouver ce qu'on allait manger ce soir ET EN PLUS il y avait un de ces mondes à la caisse, ouh la la la, je suis désolée, ça m'a pris du temps.

Bref.

J'étais seule en train de faire mes courses, et voilà que je ne savais plus s'il y  avait ou non des oeufs dans le frigo. J'appelle chez moi, sur le fixe, rapport que le tel du Zèbre est éteint 99% du temps ne me demande pas. J'appelle. J'appelle. J'appelle. J'appelle. J'appelle. J'appelle. J'appelle. J'appelle. J'appelle. J'appelle. Spa comme s'il n'y avait pas deux gars à la maison hein. Mais l'un doit avoir le casque sur les oreilles ET la porte fermée, et l'autre profite probablement de mon absence pour prendre une douche de 25 minutes à l'aise blaise l'argent ça pousse sur les arbres c'est bien connu.
Enfin, ça décroche. Miracle, l'appart n'a pas sauté et eux avec. Réponse: il reste 2 oeufs.
Je finis mes courses et je rentre.

En bas de l'immeuble, j'ai coutume depuis le 1er décembre date fatidique du début officiel de ma tendinite - et vu que j'économise ma vieille carcasse pleine d'arthrose et de calcifications et autres joyeusetés qui te mènent au tombeau pliée en deux de douleur - d'appeler chez moi pour que l'un des deux grands viennent monter les deux étages avec les courses que je viens de tracter à bout de bras droit jusque l'immeuble en pleurant ma maman tout du long. Je n'appelle pas Patate, il a du nounours guimauve  à la place des biceps. Il va sûrement changer en grandissant, et me battre enfin au bras de fer, mais pour l'instant, oublie.
Donc là, je suis tafiguée sévèrement vu qu'en ce moment je fais des heures sups pour éponger mon retard de travail, je viens de porter les courses, j'appelle. J'appelle. J'appelle. J'appelle. J'appelle.
SERIEUSEMENT LES GARS?
Ok.
L'heure est grave.
Il est strictement hors de question que je monte les courses.
A la rigueur je pourrais laisser les courses en bas et monter botter des chamallows, mais j'ai décidé d'être plus retorse.
J'ai décidé de frapper là où ça fait mal.
Je suis en bas de l'immeuble, je capte donc le wifi de la maison.
OK.
On va se la jouer à la one again.
J'ouvre l'application Livebox.
Je coupe leurs accès respectifs.
Et je lance le chrono, parce que je suis curieuse.
Il aura fallu exactement 7 min et 39 secondes avant que le Zèbre ne m'appelle.
Ahah!
Il est venu vite fait chercher les courses du coup.
Non mais je te jure.
Il y a des fois je fatigue.
Mais toujours je me marre.

5 commentaires:

  1. Toujours connaître le point faible de son "adversaire", toujours ! Ca te donne une incroyable longueur d'avance !

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  2. Las, il y a quelques mois nous avons fait passer un ma-gni-fi-que câble éthernet au plafond de notre couloir (en rabotant un peu le coin d'une porte, nous ne sommes pas équipés pour percer un mur porteur de 20 cm d'épaisseur ^^) de la box jusqu'au PC de notre fils... donc impossible de couper inopinément la connexion, à part physiquement en débranchant le fil!!

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  3. Tu as attendu 7mn39 en bas? Y a un banc j'espère!

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