mardi 29 décembre 2020

Chroniques de 2020 - Confinement Semaines 6&7

 Lundi 20 avril

" Confinement J38

The D Day.
Le jour où je refiche le pied dehors. Au bout de 4 semaines!
Déjà j'étais tellement stressée que je n'ai dormi que 4 heures. Voire moins.
Imagine la fraîcheur. Stress + pas dodo = le combo de la win.
 
J'appelle à 7h30 tapantes. J'ai un rdv à 9h, le preum's.
Spa trop tôt me demande la femme du Dr Pommes?
Nope je suis réveillée c'est ok.
 
Une demi heure: douche et repos. 
Une demi heure encore: habillage et repos.
Une demi heure encore pour y aller (ben oui du repos)(normalement il faut 10 min)
J'étais en stress mais de foliiiiie.
Je suis partie de chez moi les larmes aux yeux. Le gros n'importe quoi.
J'ai vu des iris dans ma résidence: chialage.
Je marchais à tout petits pas et il y avait des gens en tenue fluo qui couraient, je ne les aimais pas beaucoup hein.
J'ai pu sentir du lilas (odeur préférée avec la glycine) : hop, gros chialage.
Bref j'ai vu le Dr Pommes qui a dit que tout allait impec, saturation impec, poumons zéro problème etc.
Mais que mon corps se remettait du covid et que c'est super long.
Ensuite il m'a dit que ça suffit de prendre la température tout le temps, on arrête.
LeZebre du coup propose de me fabriquer des thermomètres en bois en substitution pour aider à limiter le manque. Pticon.
Le doc m a trouvée déprimée mais il me connaît et il sait que l'inaction et moi ce n'est pas compatible.
 
Je suis rentrée chez moi et là, ces deux petits trajets et puis la montée de mes deux étages: mes jambes étaient genre c'est bon on a gagné le marathon de Paris ou bien?
Totalement flagadas les gambettes.
Je n'ai pas dormi.
J'ai pris mon déjeuner, je me suis occupée sur les réseaux, j'ai fait des stories instagram, j'ai répondu à des parents, j'ai admiré le travail de mes élèves, j'ai fait une conf call de rentrée avec mes collègues, j'ai bossé sur l'ordi et le téléphone via Klassroom - ma journée de demain est dans la boîte et programmée pour apparaître à 8h20 demain matin.
 
Ma fille qui a enfin fini ses partiels a cuisiné du coup un curry de pommes de terre et carottes, des tartines de pain aux olives maison avec houmous maison et tranches d'aubergine grillées. Ça change!

Je suis épuisée par cette journée.

Ah sinon demain Patate a classe virtuelle avec son extraordinaire prof de français et il stresse. Où se mettre. Comment s'habiller. On va le voir. Oh mon dieu.
Et j'ai quand même pris une fois ma température vers 17h. Je me sentais supra merdique. Et je n'avais que 37°8.
Ok.
On se calme quoi."
 
Là c'était enfin acté, c'était le covid, j'étais en convalescence, je n'étais pas folle.
Honnêtement je pense qu'il faisait encore des ravages, parce que je n'avais pas encore expérimenté tous les symptômes, il y en avait encore deux bien sympathiques qui attendaient leur heure.
Jusque là j'avais eu l'extrême fatigue, celle qui m'a clouée immobile et où je demandais de l'aide pour qu'on me file un truc de l'autre côté de mon lit, car me retourner c'était trop ambitieux comme projet, j'avais eu la saleté de toux, du matin au soir, pendant des semaines, et que j'avais encore, et puis la fièvre, ce petit 38°2 permanent insupportable, qui me mettait merdique.
J'avais aussi eu la perte totale de l'odorat, puis la perte très partielle du goût, et des vertiges, et des nausées, et des diarrhées extrêmement glamour.
Et puis les crises d'angoisse, et le cerveau tout mou au ralenti, et l'impression de devenir barge.
Il en restait deux autres dans la file d'attente...

Mardi 21 avril

"Confinement J39
 
Réveillée à 7h00 - mais pourquoi? Que t'ai-je fait cerveau?? - après 6h20 de sommeil, impossible de me rendormir - tu penses bien que j'ai essayé!
J'ai pris ma température - on a dit 2 fois par jour, ça fait une fois - et donc 37°2, cool. 
J'ai feignassé au lit jusque 11h, en traînant sur les rézos, en jouant à Monument Valley 2, et aussi en répondant à mes parents d'élèves au chaud sous ma couette.
Pis j'ai pris mon PtitDej Bite au lit - 1 banane 2 kiwis, zyva fais genre tu n'as pas compris la blague - , mes vitamines et mon fer, on se requinque on a dit!
 
A 11h, hop debout là dedans, douche, j'enfile une culotte, un legging, une tunique manches courtes informe et mes ballerines et JE SORS.
Mes ptits zamis je vous informe que mon aller retour d'hier et la montée finale de mes 2 étages ont créé dans mes mollets des courbatures dignes d'un entraînement violent en salle de sport - enfin j'imagine, tu te doutes bien qu'aucune salle de sport n'a jamais vu mon gras.
La vache ça fait mal!
J'ai descendu mon escalier en couinant comme une vieille porte.
La déchéance.
Dehors, Safari Fleurs, et papotage de loin avec mes ptites voisines de l'escalier C, histoire de me faire plaindre un chouïa. Elles sont mignonnes. Elles ont joué le jeu.
Je remonte en manquant mourir - naaaaa je déconne mais plus sérieusement 2 étages je suis essoufflée comme si j'en avais monté 8.
Je suis allée m'assoir sur mon balcon, pour retrouver mon souffle et un rythme cardiaque normal, tranquille, et donc mon compteur de pas a dit c'est bien tu as marché presque un kilomètre par contre niveau marche soutenue, c'est zéro.
Wokééé. On se calme, malpoli.
 
Ma fille adorée et préférée m'a servi mon déjeuner en terrasse - je savais que tout cet amour et cette bienveillance que j'ai mis dans le dedans de mes enfants ça allait finir par payer - et ensuite retour dans ma grotte.
Manger dehors = le BONHEUR.
Je me suis un peu reposée devant SuperStore.
Me suis dit oh je ferais bien une ptite sieste.
Pis en fait non.
Je me sentais bien.
Alors y'a l'Angélique pré covid qui est partie en sucette et ça donnait: ouais je vais faire mon bujo, je vais ranger ma chambre, je vais préparer le boulot pour les élèves demain, je vais tourner une vidéo de lecture d'album pour mes élèves, je vais rempoter mon kalanchoé, me faire une manucure, et là, y'a l'Angélique post covid qui a gueulé TU TE CALMES TOUSSUITE ET TU TE MÉNAGES ESPECE DE TEUTEU. Tu fais 3 trucs grand max et ce sera déjà trop!
Ok....
J'ai choisi
- mettre à jour mon bujo (assise sur ma couette devant ma fenêtre grande ouverte, les doigts de pied au soleil)
- tourner la vidéo de lecture d'album (6 minutes de tournage, 10 minutes max à mettre en ligne sur la chaîne privée YouTube que je viens de créer)
- préparer le travail pour demain
Et le 3eme m'a pris du temps parce qu'en même temps j'envoyais des messages audio à mes élèves pour les féliciter de leur bon travail, et je mettais en ligne leurs rimes des prénoms pour qu'ils puissent apprécier le travail des un.e.s des autres..
 
Pis à 21h40 - j ai fait une pause goûter, j'ai aussi discuté avec mes gamins hein - quand j'ai eu tout fini mon boulot pour demain... j'ai réalisé que demain c'est mercredi.
Mais????
Bon du coup à 10h je leur mettrais la vidéo quand même et je vais appeler ça La P'tite Lecture Offerte du Mercredi.
Paf.
Avant de dîner 2ème prise de température 37 9, on est bon. Enfin moi surtout.
Pis du coup demain SuperRepos parce qu'il n'y a pas classe. Ceci est un message de service à l'intention du Centre du Traitement du Sommeil de mon cerveau. Merci."
 
Le souci quand le médecin te dit c'est bon tu vas pas mourir tout de suite, c'est que ton cerveau entend youpi la vie reprend comme avant.
Il est bien concon le cerveau je vais vous dire.
Parce que le corps, lui, il n'a pas encore reçu le mémo.
Il est perdu dans les tuyaux le mémo.

Mercredi 22 avril:

"Confinement J40
 
8h de sommeil, nous sommes mercredi et c'est bon je m'en souviens!
Réveil naturel à 9h00: je traînasse au lit, vers 10h ptit dej banane kiwis (je suis addict) un peu avant midi je grignote deux mini sandwiches à la saucisse vg devant SuperStore, je n'ai pas envie d'embêter tout de suite mes colocs avec mon repas.
Sauf qu'à midi je m'endors comme une masse jusque 14h passées, j'ai fait un max de rêves cons pendant cette sieste zarbi...
Je ne suis pas motivée motivée pour faire des trucs mais je finis par me pousser un peu au tutu donc vers 16h, je me lève, je me douche, je m'habille, je fais des recherches dans mon bouquin de plantes dans mon canapé.
Pis je descend en bas m'aérer.
La vache descendre les escaliers est plus douloureux que de les monter.
Mais les monter est plus épuisant.
 
Je suis restée plus d'une heure dehors à discuter avec les copains et copines voisins/voisines, bon ben la responsable du syndic l'a eu aussi mais elle s'est plus vite remise... les autres non!
Je réalise que la petite qui est à la fenêtre du rdc de l'escalier B est en PS dans mon école... elle est ravie de me voir c'est trop chou. Du coup je papote avec sa maman que je connais peu... et qui est très sympa.
Et derrière l'immeuble je découvre un petit lilas blanc que je n'avais pas vu hier. Bonheur.
Je remonte vers 18h, je suis claquée et j'ai faim! Petit snack sur le balcon, avant d'y jardiner un peu (j'ai rempoté mon second kalanchoe) et de faire un modèle pour un des travaux de demain de mes élèves.
Préparation du post de demain sur Klassroom en veillant bien à le programmer pour demain matin (prudence prudence cette appli est sournoise)

Et puis je suis contente j'ai des très bons retours sur ma video YouTube de lecture d'album, les élèves sont ravis de m'entendre et ils aiment l'histoire choisie, youhou!
Et puis je forme SuperCheffe (qui vit à Abidjan maintenant et chapeaute une équipe de 40 enseignants de maternelle et élémentaire dans une énorme école primaire française) sur l'utilisation de Klassroom. Elle est bien contente de mon aide et moi bien contente de l'avoir dépannée. On se voit environ 2 fois l'an quand elle revient en France.
Ah et d'ailleurs les écoles francaises en Côte d'Ivoire (qui dépendent de la France) ne rouvriront pas avant septembre. L'école de SuperCheffe compte plus de 1000 élèves. Tiens... le collège de Patate frôle les 1200....
On marche sur la tête.
Je dîne (merci Patate ♡ ) et me voilà au lit.
T° réveil 37°3 et coucher 37°9 et je me sens bien... alors bon...
 
Ma fille est complètement claquée par contre, elle a le contre coup des exams de la semaine dernière. Elle ROUPILLE.
 
LeZèbre adore venir papoter et m'a bien aidée pour mon jardinage.
Il avait une de ses 2 classes virtuelles de la semaine ce matin donc il a bossé. Ce sont quasi les seuls moments où il bosse. Mais c'est très clair entre lui et moi qu'il assume son truc. 
 
Patate a bien bossé lui, et il a fini son roman juste à temps pour le contrôle demain.
Il trouve le temps en prime pour dessiner, écrire des trucs, jouer à Animal Crossing, et papoter au tel avec la voisine du dessus et SaClem.
La voisine du dessus est privée d'écran pendant un mois, il est OUTRÉ (il n'y a aucune limite chez nous pendant le confinement)."
 
Et puis, et puis, et puis, on sent à quel point l'énumération de ce que j'ai pu faire en une journée me délecte, je suis ravie, je revis. Tout doucement, à tous petits pas de fourmis, mais je revis.
Je ne peux pas faire d'effort, je ne tiens pas debout très longtemps, je n'ai plus de muscles, voilà l'explication des 6 kilos perdus, que du muscle, je suis essoufflée, et j'ai le coeur qui monte vite.
Et il va y en avoir pour des mois.
Et la petite fièvre est toujours là, la garce.
Ce n'est pas compliqué, je la hais.
C'est le truc qui me rend dingue, le fait que je ne me sens jamais vraiment bien, toujours vaseuse  très vite, jamais bien plus de quelques instants. Instants que je chéris.
Et je suis ravie de me sentir utile, c'est assez horrible quand j'y repense toutes ces semaines où à part pour mes élèves, je ne servais strictement à rien. Ça me fait réfléchir sur cet espèce de contrat tacite sociétal, comme quoi on doit être utile sinon on n'est rien.
Je n'étais pas rien, j'étais une maman, une enseignante aussi, une amie, une fille, qui essayait d'aller mieux et qui avait très vite compris que pour ne pas finir à l'hosto, il fallait rester bien bien calme et immobile.

Jeudi 23 avril:

"Confinement J41.
 
Non mais on a des problèmes de sommeil là non?
Ou c'est juste moi? Endormie 4h du mat réveillée 8h par Patate qui ouvre les volets du salon avec la délicatesse qui le caractérise, rendormie 9h réveillée 10h par le trio de colocs lancés en pleine discussion dans le salon.
Mais euh.
J'ai traînassé aujourd'hui...
Mais bon ptit dej balcon (il n'y a plus de bananes je hurle au scandale), un peu de jardinage, encore du glandage, entre temps je répond aux parents sur Klassroom et vraiment ils sont tops avec leurs enfants et tout le monde progresse et ça fait chaud au coeur.
Quand j'ai un peu de calme, je leur enregistre des messages vocaux de félicitations pour tous ces ptit.e.s machin.e.s qui me manquent tant! Je reçois des photos, des vidéos, des compliments... c'est chouette.
 
Pis à côté de ça je met un temps infini à préparer le travail pour demain parce que je m'éparpille un peu partout, contente de me sentir mieux.
Je suis redescendue faire 3 fois le tour de l'immeuble et ça fait 700m me dit mon téléphone mais il me dit aussi que je marche toujours plus lentement qu'une tortue sous lexomil. Boah. Je prends des jolies photos de fleurs et moi ça me va.
Je goûte, je joue à Monument Valley qui me détend l'esprit mieux que toutes les séances de méditation du monde, c'est tellement paisible et joli ce jeu...
Je regarde Super Store.
Mais il faut vraiment travailler...
Je fais une vidéo d'écriture cursive pour mes élèves, main gauche main droite, je n'oublie personne...
Je discute avec des copines et je téléphone à ma mère, ma fille me fait des petits plats, et je n'ai pas fini de travailler car je me sens bien, pas comme avant mais mieux qu'hier c'est sûr, et je fais des blagues au Zèbre et...
Oh mon dieu l'heure qu'il est, je n'ai pas fini de préparer pour demain!
Mais on s'en fiche parce que mon amplitude a baissé: 37°2 - 37°7, ce n'est pas merveilleux ça?
 
PS : j'adore mon Dr Pommes à qui j'ai envoyé un mail comme convenu taleur pour le tenir informé de l'avancée de la situation, et qui me répond à cette heure tardive. Lui et moi on se ressemble beaucoup en fait.
Il est content et m'encourage à continuer de me tonifier tout en me ménageant.
Cet homme me connaît. Il a dit, on ne force pas.
On va essayer, chef."

Je me souviens des problèmes de sommeil, mais honnêtement, je pense que ce n'était pas lié au covid, mais au confinement... on turbinait mentalement la plupart du temps à vide, on stressait (oui ok on stresse encore!), on ne savait pas quand ça allait finir, on n'était pas prêt, et nos cerveaux non plus. D'où la grève du dodo.
Non?

Vendredi 24 avril:

"Confinement J42
 
Ce n'était pas une bonne journée pour mon mental. Nous avons reçu un mail de l'IEN pour préparer la rentrée du 11 ou 12 mai. 
Crise de panique. 
Je ne veux pas y retourner. 
Je ne suis pas sûre que ce que j'ai eu soit effectivement la cochonnerie (pas de test) et les études disent que seulement 26% de gens sont immunisés après. J'ai un IMC à 40+ donc je peux sortir cette carte auprès de mon IEN. 
Mais c'est là qu'un truc bien bien chiant chez les profs se met en route: la culpabilité.
Je vais laisser tomber mes 2 collègues? Mes 28 élèves mignons? Leurs parents formidables?
Horrible.
Alors j'ai discuté avec beaucoup de gens et notamment mon ancienne SuperCheffe qui a été incisive et formelle: télétravail et basta. Déjà que pendant tout le temps où j'ai été malade j'ai boss,é ça l'hallucine (en vrai ça m'a évité de déprimer davantage).
CollèguePréférée dit qu'elle s'en doutait et que notre cheffe aussi et que toutes les 2 sont okelles pensent  que c'est le bon choix.
Bref si cette rentrée doit se faire ce sera sans moi.
 
Et aujourd'hui j'ai fait un chouette truc que je n'avais pas encore fait en télétravail:
J'ai appelé une famille qui avait besoin d'être rassurée (sur leur demande). Ça m'a fait un bien fou de me rendre utile, ça les a super rassurés sur leurs pratiques, on a discuté tous les 3 environ 45 minutes et c'était génial.
Du coup j'ai mis un mot sur Klassroom pour dire que quiconque avait besoin de faire le point par téléphone j'étais dispo, on prendrait rdv. J'ai donc déjà un rdv lundi à 14h30.
.
Je n'ai pas fait grand chose de ma journée à part culpabiliser et cogiter et embêter les collègues de France et de Navarre avec ma culpabilité et ma cogitation.
Mais j'ai mieux fini ma journée en faisant ma balade quotidienne avec mes 3 enfants. C'était sympa."

Là c'était le début de la Grande Culpabilité.
Ce n'était pas jojo.
Ça ne s'est pas amélioré ensuite...

Samedi 25 avril:

"Confinement J43
 
On était sur de la grosse grosse énergie aujourd'hui, c'était quelque chose.
Déjà j'ai trouvé malin de m'endormir à 4h du mat après 3h de mix film Netflix boum boum et session John Lennon et autres trucs peaceful sur Deezer, en alternance, et comme je me suis réveillée à 9h30 car cette famille ne connait pas le silence comme mode de fonctionnement, j'étais raplaplatée.
 
Énorme programme du coup:
Bingewatching de SuperStore sur Prime (si tu as aimé The Office US, fonce)
Monument Valley
Câlinou de chat glue (Yoshi le matin, Plume l'aprem, je pense qu'ils se répartissent le taf).
Ça envoie du lourd.
Bon après vers 21h30 ma mère appelle ma fille pour dire c'est jouli la Lune alignée avec l'étoile du Berger, du coup avec ma fille on s'est fait 3 tours d'immeuble à la fraîche.
Bam.
On est comme ça.
Imprévisibles.
Wild.
 
J'ai bien saturé de la conf call de Patate et ses toupines sur le balcon. Miss J. est privée de téléphone pendant un mois (no comment) du coup Patate appelle SaClem, se met en haut-parleur et ils discutent tous les trois, Patate sur notre balcon, Miss J. à l'étage au dessus, et Clem dans le téléphone.
Tout le quartier est donc au courant de leurs histoires.
Je suis limite de faire circuler une pétition pour qu'on rende son téléphone à Miss J.
Please.
 
Ma fille récupère de sa semaine de partiels (et rentre en décompression) et fait une curieuse grève de la lessive depuis lundi et se transforme niveau look en j'enfile le premier truc qui me tombe sous la main. C'est... particulier.
 
LeZèbre vit une vie qui n'interfère que peu avec la nôtre. Mais il a l'air de bonne humeur pour un gars de 16 ans confiné depuis quasi 1 mois et demi. Je lui tire mon chapeau.
Bon sinon il paraît qu'on est samedi mais on s'en fiche un peu non?"
 
Non mais c'est vrai ça veut dire quoi le week-end en confinement. Pyj/jogging MAIS pas de télétravail, un peu plus de dodo, un peu plus de Netflix, un peu plus de rézosocios, un peu plus de moulinage à vide... Le confinement, ça a tué le week end.
Avouez que c'était super triste, ça quand même.

Dimanche 26 avril:

"Confinement J44
 
Mes ptizamis j'ai dormi 9h30. Ouaip. Bon avec des rêves à base d'enfermement mais quand même. Endormie 2h10 réveil 11h40. Po po po!
 
Cependant je n'y ai pas trop gagné en énergie. C'est mental plus que physique. Et du coup je ne suis pas sortie aujourd'hui (alors que les 6 jours précédents oui) et je n'ai fait que glander. Mais alors... total glandage comme hier devant SuperStore ou Monument Valley. Séries et jeu de réflexion voilà mon dimanche.
 
J'ai bossé 15 min pour demain à 21h45 et je me suis rendue compte que j'avais oublié de prendre des photos pour les publications quotidiennes pour mes élèves. Du coup je ne peux pas programmer la publication de demain et je vais devoir me lever à 8h00 pour le faire. Gnnnn. Oui j'ai besoin de la lumière du jour, sinon c'est moche, ne cherche pas.
Demain je vais faire la conf call avec mes collègues pour discuter de la "rentrée" du 11. Ça m'angoisse.
Mais demain j'ai aussi un rdv téléphonique avec une maman que j'aime beaucoup et sa fillette que j'adore. Ça j'ai hâte.
Je suis en plein SPM ça n'aide pas à garder mes émotions en ordre. 
 
Patate a bien aidé aujourd'hui.
Sa soeur aussi mais elle est vraiment claquée. Elle décompresse sévère de sa semaine de partiels + le fait qu'elle gère beaucoup de choses dans la maison depuis un mois et demi.
Je ne parle pas du Zèbre, un ado de 16 ans en confinement c'est rageant. Il ne fout rien mais j'ai zéro moyen de pression et pas vraiment envie d'aller au conflit. J'attends que la pression exercée par sa soeur son frère et moi arrive au pois chiche noyé dans les hormones qui lui sert de cerveau.
Bref. Demain est un autre jour.
Lundi parait-il.
Je n'ai toujours pas de bananes.
Mes Nigelles de Damas vont bientôt éclore!
Et aujourd'hui ce sont les 7 ans de Yoshi, mais lui son plus beau cadeau c'est qu'on soit tous confinés avec  lui, il vit sa plus belle vie."
 
Le confinement, c'était aussi l'attachement totalement zinbrin à de tous petits détails. Dans notre société du Tout, Tout de suite, attendre, ne pas pouvoir, remettre à plus tard, ne pas savoir, ça rendait dingue.
Les petits riens devenaient de grands tout, les choses importantes avant ne l'étaient plus, et ce n'était pas plus mal. Qui a besoin de porter un soutif, de s'épiler, de se maquiller, de s'habiller, d'aller chez le coiffeur? Les femmes ont gagné en liberté, mais pour beaucoup, ça n'a pas duré... c'est bien dommage.
C'est là aussi qu'en lisant les titres des torche culs en ligne, on prenait conscience d'à quel point l'industrie du "t'es moche" a pris de l'importance dans nos vies modernes, car ils étaient en panique totale qu'on arrête de se maquiller,  de se colorer les cheveux, d'acheter des fringues limite jetables...

Ouais, moi en attendant, pas épilée, pas colorée, pas maquillée et à peine coiffée, je n'avais pas de bananes pour mon ptitdej, et je trouvais ça bien horrible.
Tout est relatif.

Lundi 27 avril:

"Confinement J45
(Ah oui quand même)
 
J'ai dormi 4h. J'avais oublié de prendre des photos pour Klassroom donc réveil 7h55 et au boulot feignasse. J'étais fraîche. J'ai fait des rêves tellement cons que je pense que mon cerveau a définitivement renoncé à la qualité.
À 9h30 conf call "conseil des maîtres" d'une heure trente. Yiha. Conclusion: c'est la merde et on nous prend pour de la chair à canon. Et j'ai donc pris rdv demain soir chez le Dr Pommes et je prie qu'il me fasse mon certif de non compatibilité de ma grosse personne avec le goulag dans lequel on veut fourguer mes élèves. J'en chiale. Heureusement que j'ai mon ptit M. qui m'envoie des messages vocaux pour me dire que je suis la meilleure des maîtresses sinon je lâcherais la rampe les zamis.
Fin du conseil des maîtres : c'est le moment où je me suis rendue compte que le mois d'avril était vraiment trop sympa. Après mes règles le 2, mes règles le 27.
Ça explique pourquoi j'ai récuré mes toilettes vers 2h du mat. Ahem.
J'ai lutté pour ne pas dormir car j'avais une réunion téléphonique avec une mère d'élève trop choupie qui m'a dit que non elle ne remettrait pas ses enfants à l'école parce que c'est traumatisant et dangereux pour les familles et les enseignants. Cette maman est aussi ma coiffeuse. Quand tout ce bordel sera terminé un jour j'irais chez elle tous les 2 mois. Obligé. Coupe+couleur.
Après ça une sorte de trou noir où j'ai comaté, du coup j'ai fini Monument Valley, le 1, le 2, les suppléments, apu rien. Sanglots.
Vers 18h00 je me suis dit okkkk faut que je sorte là. 3 tours d'immeuble, il faisait lourd, ma fille m'a accompagnée... j'étais claquée après. J'ai réalisé une nouvelle vidéo d'apprentissage de la cursive pour mes élèves et sérieux on a l'impression que je viens de courir 100 m alors que ça faisait 45 minutes que j'étais remontée.
Depuis je travaille et je discute à la fenêtre avec ma voisine pianiste et sa fille, je discute avec les copines dans le téléphone.
Ma fille m'a préparé un super bon dîner.
Faut encore que je finalise ma publication Klassroom pour demain et je pourrais dormir.
Patate a bossé en classe virtuelle et Zèbre aussi. Ste feignasse de glandeur de gamin était super fier de lui car dans son cours il est le seul à avoir relevé le défi du prof. Tous les autres ont merdé. On n'a pas fini d'en entendre parler. Mes aïeux.
Ma mère a décidé que c'était mieux que ma fille fasse leurs courses mercredi car demain il pleut
JE N'AI PLUS DE BANANES MAMAN MINCE QUOI
Personne ne m'aime ou bien??"
 
Un mois et demi de confinement, un mois et quelques de covid, mes règles deux fois dans le mois, j'étais A FOND.
Ah non, j'étais AU FOND.
Du trou donc.
Ça commençait sérieusement à me porter sur les nerfs ce confinement et cette maladie qui n'en finissait pas et qui me faisait passer pour une grosse feignasse, parce qu'en avril, on parlait encore très peu des covids longs...

Mardi 28 avril:

"Confinement J46
 
Encore une nuit merdique. Entre le boulot jusque 1h du mat, les trucs qui me tournent dans la tête et J1, ma qualité et mon temps de sommeil sont réduits à presque rien
A peine réveillée je suis barbouillée. Je décide de rester couchée, tfassons mes élèves sont déjà au boulot.
1h30 de conseil des maîtres en conf call.
Résumé du conseil des maîtres:
- Punaise le bordel que ça va être.
- Welcome to the goulag les zonfants.
 
Je suis la fureur et la tristesse.
 
Patate me fait mon déjeuner.
Je me repose entre les dialogues avec mes parents d'élèves.
Je me coiffe aussi.
Pis je prends une douche et je m'habille pour de vrai.
Parce que je vais chez le Dr Pommes et je flippe ma race.
J'ai le stress qui pète le plafond.
Il me reçoit à 19h. Il me dit que oui ok obésité, mais en même temps c'est plutôt pour les hommes et pas pour les femmes. Mais il comprend que je suis super anxieuse, légèrement déprimée, et que je suis en convalescence et que je veux bosser en télétravail absolument. Il me fait donc mon certif. Voilà je ne retournerais pas à l'école cette année... je suis soulagée, mais en même temps je culpabilise et je suis super triste.
 
En rentrant chez moi je dévie un tout petit peu du chemin habituel et là je me souviens que dans ma rue juste à côté de l'immeuble... il y a.... UNE GLYCINE. Le bonheur. La félicité.
Même crevée je profite du reste de lumière naturelle pour filmer Ma Ptite Lecture Offerte du Mercredi.
Mes élèves la découvriront demain.
9 minutes de lecture d'histoire. Ils devraient être contents. Je vais leur ajouter un site de courts métrages pour enfants et la série des videos de FLTM du Centre Pompidou. Culture un jour culture toujours!
 
LeZèbre me fait à manger... le même repas que son frère ce midi. Bon. Je ne dis rien. Il fait un effort. Et puis leur soeur a fait le ménage et a même vaincu la vidange du lave vaisselle alors elle a le droit d'aller se coucher tôt devant SuperStore.
 
J'ai mangé dans le salon.
Première fois depuis 6 semaines.
Punaise.
Mais là je me sens cuite et recuite.
Je vais aller me mettre au lit vite fait.
Préparer ma publi du mercredi sur Klassroom.
Demain je fais un point téléphonique avec les parents de M., j'ai hâte. Il est le seul enfant que je n'appréhende pas d'avoir au téléphone. Il a une conversation d'adulte.
 
Demain ma fille fait les courses de ses grands parents. On en profitera pour récupérer des trucs pour nous aussi.
BANANES!!!
 
Et là, alors que ma fille est dans son lit devant Prime, LeZèbre dans son lit devant son ordi, Patate est sur le balcon au tel avec sa Clem, c'est l'heure du Quizz du Soir, ils se posent des questions de culture générale et comptent les points.
Je."
 
 Dans mon souvenir, c'est là que le Dr Pommes m'a dit que mes poumons cicatrisaient, et que ça expliquait mon souffle déficient.
J'en suis encore traumatisée, de cette phrase.
En un mois, on était passé de simple bronchite sans gravité à vos poumons cicatrisent, il faudra du temps pour récupérer votre souffle.
Spoiler: des mois et des mois.

Mais au moins j'avais mon certif pour ne pas retourner travailler dans les conditions infectes du premier protocole sanitaire, où les enfants étaient isolés les uns des autres, à une table la même toute la journée, avec 8 lavages de mains par jour, des récréations sans se toucher, etc...
Rien que d'y penser, j'en suis malade.
Et de toutes façons je ne tenais pas debout sans monter en fièvre, alors à quoi bon.
C'était un vrai deuil à faire, celle de mon année idéale...

Mercredi 29 avril:

"Confinement J47
Secondes  menstruations d'avril: J3
 
Je n'arrive pas à déterminer ce qui se passe aujourd'hui.
Pourtant j'ai dormi presque 9h, sans même me réveiller une seule fois, et je n'avais pas de température au réveil...
Pourtant je n'ai rien fichu.
Mais alors la glandouille totale.
 
Ce que j'ai fait de productif:
- Téléphoner à la maman de M. et discuter avec M. ♡
- Répondre aux parents qui m'envoient les travaux de leurs enfants (big up à la maman sans imprimante qui reproduit mes fiches à la main, mots casés et puzzles mathématiques compris!)
- Tenter d'appeler les parents de ma ptite loute sans ordi... ça ne répond pas et je suis verte.
- Prendre un rdv avec une maman reloue pour demain soir (après avoir pris conseil auprès de mes collègues car mon cerveau = bouillie)
 
Et c'est tout.
 
Genre à 18h je me suis souvenue que je devais fabriquer 56 pdf indépendants à partir d'un pdf de 56 pages (boooooring) et aussi préparer le travail pour demain.
Pis je suis super lente pour tout faire et je me sens patraque alors je ne vais pas vite.
La loose.
Bon par contre j'ai eu une jolie idée d'arts visuels à proposer à mes élèves et leurs parents...
Ma fille a fait les courses de mes parents et un ptit bout des nôtres. J'ai des BANANES.
YES!
Patate est resté en communication quasiment toute la journée avec SaClem, je pense qu'ils essaient de battre un record.
LeZèbre a fait son cours en visio et ensuite a écrasé violemment son oreiller. Trop d'efforts d'un seul coup il n'a plus l'habitude.

Et sinon IL PLEUT.
Tout le temps.
C'est bien."
 
Ça, là, c'est la quintessence même du confinement, selon moi. Du temps, plein de temps, et zéro énergie pour le faire, une sorte de lassitude qui s'installe, limite un coma par moments, on était comme dans le brouillard. Clairement, le mental ne suivait plus.
Il n'y a pas à tortiller, cette situation était inédite, on n'y était pas préparé, et on a pris cher. On a morflé. Tous. Émotionnellement, psychologiquement, physiquement, lentement mais sûrement ça a dérivé. 
Les angoisses, l'anxiété, ne pas savoir, ça grignote.

Je me raccrochais aux fleurs, et aux plantes, à mes enfants géniaux qui assuraient de fou, à mes élèves au taquet, à leurs parents efficaces et motivés et communicants, aux câlins des chats, à la zénitude des jeux, aux séries qui me coupaient de la réalité...
Ça a marché, j'ai tenu.
Je tiens encore.

Jeudi 30 avril:

"Confinement J48
 
Je.
Non mais non.
Mais si.
Donc la fille (moi tu l'auras deviné) elle se dit ok 23h00 dodo car vraiment je me sens patraque.
Pis à 00h40 elle ne dort toujours pas pis elle se sent mieux.
Pis ça la stresse de se lever à 7h00 pour bosser.
Donc la fille elle s'assoit dans son lit, elle ouvre l'ordi, chausse ses lunettes, et se met au boulot.
Pis elle décide de créer de nouveaux supports.
La fille elle bosse 3h00 de rang. Comme ça.
Pis après elle prépare sa publi Klassroom et la pré publie.
Pis elle ne dort toujours pas.
Donc elle enchaîne les épisodes de SuperStore.
À 5h00 elle s'endort.
A 9h45 les poc poc poc poc persistants des notifs du téléphone finissent par me faire émerger.
9h47 j'ouvre Whatsapp. Et je vois: on se fait une conf call à 10h?
Je dis OK.
Ouais je suis comme ça.
Une ouf'.
A 10h je lance la conf call et commence comme ça: j'ai dormi 4h45, je suis réveillée depuis 15 min, je suis sous ma couette, mais allez y je vous écoute et je me réveille en même temps.
2h00 plus tard, je finis mon conseil des maîtres et c'est bon je suis bien réveillée.
 
Je sais que la "Rentrée au Goulag" ça va être l'horreur. Et que je vais bosser comme une gueudin pour aider et décharger les collègues.
D'ailleurs après les réponses aux parents sur Klassroom, je concocte un mode d'emploi découpage de PDF pour la collègue qui veut apprendre ... et je commence à découper les PDF de 56 pages dont j'ai proposé de m'occuper.
Et appeler la maman de la petite qui est restée au bord du chemin il a dit JeanMiMi.
Avant de....
Se refaire 2h de conseil des maîtres entre 17h00 et 19h00! La conf call c'est TOUTE ma vie.
Avoir 10 min pour aller faire pipi avant d'appeler comme convenu une maman à 19h10.
Raccrocher à 19h40. Avoir mon élève qui me dit qu'il a beaucoup aimé l'histoire que j'ai lu dans la vidéo d'hier.
Debriefer vite fait sur Whatsapp.
Répondre aux parents sur Klassroom (oui j'ai ceux de midi, ceux de 17h et ceux de 20h... c'est rigolo)
Se sentir très très très fatiguée d'un coup didon.
 
Ma fille m'apporte un super bon repas maison, à base de galettes légumes/riz surmontées d'houmous et de tranches de tomates, de tranches de pain brioché maison avec de l'avocat... et une tartine de pain/pâte à tartiner/fraises. Tu rajoutes la salade de légumineuses de ce midi ça va on me requinque bien ♡
Elle est vraiment douée en cuisine mais comme elle le dit, elle a peu de gloire vu que son père et moi cuisinons beaucoup... elle a toujours baigné dedans...

Patate a décidé d'installer SaClem sur la table basse du salon. Je crois qu'elle vit avec nous maintenant. Je lui ai dit qu'elle serait mieux dans le canapé.
Puis après il s'est rappelé qu'il avait des devoirs donc il a travaillé. 
 
Zèbre reste planqué dans sa chambre car il nous fatigue et on lui a tous fait les gros yeux.
Là je vais m'écrouler de sommeil, Zèbre est planqué et ma fille et Patate écoutent Emilie Jolie (la vraie version) dans la cuisine.
Demain promis je me lave les cheveux.
Promis.
Il est temps."
 
Les parents d'élèves ne savaient encore pas pour la plupart que j'étais malade/en convalescence (je ne sais pas trop, j'avais toujours ce foutu 38°). Avec des journées comme celle ci, on comprend mieux pourquoi.
Je me fais peur, à la relecture.

Vendredi 1er mai:

'Confinement J49
 
Mon sommeil c'est tellement le bordel, je ne sais plus par quel bout le prendre. Hier je me suis endormie comme une bouse un peu avant minuit et j'ai dormi d'une traite jusque 7h40.
Heure à laquelle je me suis réveillée d'un coup d'un seul, réalisé qu'on était le 1er mai et là j'ai deux neurones qui ont connecté que j'avais merdé ma photo de la date du vendredi quand j'ai pris toutes les photos de la semaine dimanche soir. Du coup j'ai vérifié. Yep. Et à part la date de lundi j'ai merdé toutes les autres. Donc je me suis levée comme un diable sort de sa boîte et j'ai refait les photos correctement et les ai switchées dans les publis sur Klassroom.
Mon sommeil c'est le bordel et mon cerveau c'est une sorte de mix entre les marécages et les sables mouvants.
 
Jour férié oblige j'ai traînassé au lit (quoi ça fait 6 semaines? Pffff tiens) et Patate m'a préparé ma banane de petit dej avec des fraises car les kiwis restant étaient passés en mode zombie.
Et à 11h...bam rendormie comme une masse, jusque... 15h.
Mais euh?
Du coup j'ai un peu rangé le salon, j'ai préparé ma compo arc en ciel pour mes élèves.
Ma fille a rangé la cuisine et fait du pain
Patate a """""""""rangé""""""""" la chambre et j'ai expliqué au Maillon Faible que s'il ne voulait pas être expulsé du Loft il allait devoir passer l'aspirateur tous les 2 jours dans l'appart. Il a un peu râlé mais il l'a fait et bien fait.
Non mais oh c'est qui le patron.
Et j'ai
lavé
mes
cheveux
☆
Normalement demain c'est tempête de sable, pluie de grenouilles et triple cyclone inversé.
Faisez gaffe.
J'ai un peu de fièvre ce soir (alors qu'hier soir un glorieux 37°6) je voulais continuer à découper des PDF mais je vais en faire seulement un peu je crois.
Dans tous les cas of course je n'ai pas sommeil.
Damn it.
Et j'ai fini la saison 4 de SuperStore. Ma fille aussi.
Il faut que j'aille du coté du DarkSide chercher la suite...
Ouais ça peut m occuper un moment.
Hop."
 
Tiens j'avais oublié ça... depuis le 1er mai donc j'ai collé LeZèbre de corvée d'aspirateur, et il le passe depuis une fois par semaine en complément de sa soeur... Et il le passe bien, cet ado est über pénible, mais quand tu lui donnes une tâche à accomplir, c'est un Terminator. En fait je devrais l'occuper tout le temps pour avoir la paix. Je note.

Samedi 2 mai:

"Confinement J50
 
Pour fêter glorieusement ce 50ème jour, je n'ai strictement rien fichu.
Mais alors j'ai atteint des sommets de RIEN FOUTRE DU TOUT.
Endormie à 5h du mat après être tombée dans la première série belge de Netflix (pis bien anxiogène, parfait pour la période) je me suis réveillée à 11h et donc j'ai regardé un film, j'ai fini la série belge et bien entamé une série italienne.
Je ne suis pas sortie, je ne me suis pas douchée, je suis restée dans mon lit. Pas envie.
Je voulais dessiner dans mon bujo et le mettre à jour mais pas la force.
J'ai plein de boulot administratif bien chiant et je viens juste de m'y mettre et je sature...
Même les chats ont compris aujourd'hui que je n'étais bonne à rien: ils ne sont même pas venus réclamer des câlins.
Et sinon ma fille a tondu sa GrandePatate de PetitFrère à 6mm. Bon ben j'ai des jumeaux maintenant. C'est malin.
Le MaillonFaible voudrait bien qu'on s'occupe de ses cheveux mais les deux autres le battent encore froid donc il est privé de tondeuse.
Du coup il va redevenir plus gentil, il va être bien obligé.
Moi je ne m'en mêle pas.
Bref je retourne découper mes chieries de PDF. Ensuite faudra que je les envoie à mes collègues via mon webmail pro qui est une sombre bouse à pédales et vent en pleine face.
Joie.
J'écoute ma playlist et je serre les dents.
Après tout je suis super privilégiée de rester en distanciel. Donc bon je peux encaisser la chianterie informatique."
 
Ah punaise ces chieries de PDF.
En plus genre en juin, une ancienne collègue m'a refilé un outil en ligne gratos ultra efficace pour faire le job de découpage en 2 coups de cuillère à pot. J'étais verte. J'y ai passé des heures. Et je hais la paperasse de toutes mes forces, c'était l'enfer. Raaaaaah.

Dimanche 3 mai:

"Confinement J51
 
Ma LiveBox ne s'allume plus. Depuis minuit vingt cette nuit.
Du tout.
Autant ma fille Patate et moi allons pouvoir tenir avec la 4G le temps de la faire changer, autant leZèbre ça va être violent (il a un forfait merdique)
AU SECOURS.
Punaise ça va être chaud pour la continuité pédagogique de Patate, mon télétravail ça va je peux le faire sur le tel en me galérant un peu en filaire entre l'ordi et le tel, mais LeZèbre ne peut plus suivre ses cours virtuels ni faire quoique ce soit.
ANGOISSE.
 
Endormie à 4h après avoir fini d'envoyer leurs PDF découpés à mes collègues à 3h20, pour calmer ma colère face à la LiveBox kaput.
Réveillée à 10h00.
Le temps d'émerger et vers 11h j'ai téléphoné à l'assistance Orange: le gars avait un accent à couper au couteau mais il a été uber efficace et aimable. Dans le meilleur des mondes la LiveBox est programmée pour arriver mardi matin entre 9h et 13h. Youhou!
Le Zèbre a prévu les pièges à loup dès 8h devant notre portail. Chronopost on s'en méfie.
Moi qui stressait de la réaction de mon AdoAddict et bien j'ai été épatée. Il a lu des bédés et fait des siestes.
 
Après le déjeuner j'ai travaillé à finir mes pdf et commencé le mailing aux parents, dont j'ai fait les 2/3, ensuite je me suis fait plaisir en dessinant la couverture de mai de mon bujo, et comme ça faisait 2 ou 3 jours que je n'avais pas mis le pied dehors, et que je n'ai pu trop de fièvre le soir, je me suis dit allez hop je me fais mon attestation de balade d'1h et je vais à l'école changer l'eau du bassin des poissons (et vérifier qu'ils sont vivants)(angoisse)
J'y suis allée avec LeZèbre qui, tenez vous bien, n'était pas allé plus loin que le bas de l'immeuble depuis 50 jours.
A l'arrivée dans l'école le pincement au coeur devant ma classe bien rangée avec le travail prêt pour la semaine qui ne viendra jamais...
Et le bassin!
On voyait à peine les poissons.... normalement dès mars je change l'eau tous les 10 jours... donc là un massacre... j'ai vidé jusqu'en haut du trop plein (que je bouche normalement pour gagner plusieurs centimètres d'eau) et j'ai fait couler de l'eau propre mais je n'avais pas assez de temps pour le faire correctement.
Mais les 4 grands poissons étaient bien là et les 2 petits lâchés le 16 mars au matin aussi. Soulagement.
 
Sinon j'ai bien compris le principe de convalescence. 15 min aller 15 min retour pour aller à l'école. D'habitude j'en met 10 en traînant. Sur le chemin du retour j'étais défoncée de fatigue, essoufflée... le pouls à 120 en marchant comme une mamie.
Depuis j'ai l'impression qu'on m'a rouée de coups alors que j'ai marché moins de 2 km. D'habitude je marche entre 3 et 6 km par jour.
Merdalors.
De retour sur mon balcon j'ai fini mon mailing et j'ai filmé un ptit message d'une minute pour mes élèves que j'ai mis sur Klassroom: je leur explique l'aventure des poissons le 16 mars et qu'ils vont bien et ont grandi.
 
Et sinon c'est quoi tous ces gens dehors il y en a plus qu'en temps normal c'est juste importe quoi !"
 
 
C'était la première sortie autre que pour aller chez le médecin.
Ça m'a tuée, mais en même temps j'étais ravie.
M'enfin sinon, plus de LiveBox après plus de smartphone, j'ai trouvé que le Karma était un peu en train de se payer ma tronche, et encore je ne compte pas le covid dans l'addition!
Dediou!

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