vendredi 25 décembre 2020

Chroniques de 2020 - Avant le confinement

 Hello

Je suis de retour.
La bonne nouvelle c'est que je n'ai pas arrêté d'écrire, juste, je n'ai pas écrit ici.
Il est temps de réparer cette erreur.
Et de redémarrer le blog.

Parce que les évènements survenus en 2020 m'ont pleinement fait réaliser que je devais me mettre au centre, en premier, et prendre soin de moi.
Et obligatoirement ça passe aussi par l'écriture.

Je vais publier d'ici la fin des vacances scolaires l'intégralité de mes écrits des réseaux, remaniés, édités, réécrits parfois. Ca c'est le plan, qui me connait un peu sait que je ne suis jamais vraiment le plan.
Je vais faire de mon mieux, et ce sera déjà pas mal. Toltèque powaaa.

Que s'est-il passé dans ma vie entre ma chute début janvier et l'annonce par notre cher Manu qu'on allait tous mourir si on ne restait pas en pyj dans nos canapés affalés devant Netflix?

Eh bien ça va se résumer vite fait: j'ai travaillé comme une dingue à préparer mon inspection, avec une bronchite costaud avant les vacances d'hiver, costaud au point qu'un mardi matin je me suis retrouvée littéralement à faire classe allongée par terre dans ma bibliothèque, rapport que la position assise n'était plus tenable.
Mes élèves, choupinous absolus s'il en est, n'ont absolument pas bronché, ils ont bossé as usual, tranquilles, et ils sont venus me montrer leur travail dans la bibliothèque. A ce jour je me demande encore s'ils en ont parlé à leurs parents? La maîtresse elle se sentait tellement mal qu'elle s'est couchée par terre. Yep. Narmol.
Bref le lendemain j'étais chez le Dr Pommes qui a fait genre tout va bien, et m'a blindée d'antibios.
J'apprendrai bien plus tard qu'il considérait cette bronchite comme très sérieuse, pas rigolote du tout, mais comme il connaissait mon état d'esprit et mon acharnement à préparer mon inspection, il a minimisé l'affaire. Saint homme.

J'ai passé les 2/3 des vacances d'hiver à préparer mon inspection qui devait se tenir le mardi de la rentrée, puis finalement le mardi de la semaine suivante, puis finalement l'apres-midi et pas le matin.
J'en profite pour remercier mes fils qui ont fait des ATSEMs formidables, ils sont venus m'aider à trier, coller, mettre en dossier, les cahiers, les travaux, les livres, tout, ils ont été au top, avec une mention spéciale pour LeZèbre qui est un pur Terminator en matière de boulot, ce qui n'est pas évident quand on regarde son travail scolaire, mais passons...

Le 3 mars j'étais prête.
Au bout du rouleau, mais prête.
L'inspectrice est venue, elle est arrivée dans ma classe alors qu'on récitait une comptine en anglais, avant une séance de phono, puis les ateliers. Déjà la comptine en anglais elle était conquise. La mise en scène, y'a que ça de vrai. Je venais de lire la veille un vademecum sur la phonologie en diagonale, et ils disaient que faire une séance dans une autre langue juste avant la séance phono, ça ouvrait les oreilles des enfants et les rendait plus attentifs. Pas tombé dans l'oreille d'une sourde, je faisais déjà des comptines en anglais, donc bam. Inspectrice in the pocket in 3, 2, 1, go!
Les élèves choupinous ont été déchaînés, c'est un classique, et mon trublion a été lui sage comme une image, car j'avais pensé à le mettre en mentorat avec le copain hyper fort qu'il préférait.
L'inspectrice est restée plus d'une heure en entretien, pleine de compliments et de bons conseils, et elle m'a extrêmement bien noté: sur 11 items évaluables j'ai eu 7 excellents et 4 très satisfaisants.
Il est possible qu'après son départ j'ai exécuté une danse de la victoire devant toute l'école.
Pas que ça va changer quoi que ce soit à ma vie, je serais toujours aussi mal payée, toujours aussi mal considérée par la société, toujours écrabouillée sous le poids des conneries ministérielles, toujours coincée dans un boulot que j'adore mais qui se délite sous mes pieds sans que je ne puisse rien y faire.
Bien sûr elle m'a proposé de faire maître d'accueil, voire conseillère pédagogique, de garder précieusement mes projets pour passer le concours, elle m'a littéralement recouverte de compliments, sans voir que pour lui présenter un travail impeccable, autant  par écrit que dans les faits, j'ai cessé de vivre pendant plus de 5 mois. Ce qu'on attend de nous est intenable sur toute une année scolaire, et surtout pas en 40h par semaine.
Mais enfin, il est appréciable, dans ce métier, d'être reconnue par sa hiérarchie.
J'étais contente. 

Epuisée, mais contente.

Je continuais à tousser, dans mon coude, et  je me voyais débuter ma nouvelle vie post inspection, tranquille avec ma classe adorable mais si fatigante, avec ces élèves géniaux qu'il fallait nourrir à bouchées triples, plus besoin de rédiger cahier journal, fiches de prep, progressions détaillées, à moi le simple planning qui me permet de faire tout aussi bien en 10 fois moins de temps.

Quand Manu a annoncé le confinement, j'ai crié de joie, je ne voulais pas attraper ce virus, je trouvais que laisser les écoles ouvertes était la pire connerie en période de pandémie... Et clairement, je venais de frôler le burn out, et l'idée de travailler depuis mon canapé et mon ordi/mon téléphone, me paraissait la meilleure chose au monde.

Ce que je ne savais pas, c'est que j'étais déjà malade.
Je pensais avoir une 2eme bronchite.
Spoiler: ce n'était pas une bronchite.

Et j'ai commencé sur FB à écrire des petits textes quotidiens, des fois un peu plus longs, des fois très longs, pour garder trace de ces moments somme toute historiques, et pour rester en contact avec les autres, enfermés aussi dans leurs petits cocons de sauvetage... toutes nos petites barques sur l'Océan du Rien, et des mots, juste des mots, pour garder le lien.

Restez connectés, la suite arrive...

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